semi-journal

Mauvais souvenirs

Il y a des souvenirs qu'on croyait avoir oubliés...

Ils apparaissent au détour d’une divagation, quand tout allait bien dans le cabinet de votre psy. Ces souvenirs vous font pleurer quand vous les racontez, et  vous vous apercevez que c’est la première fois que vous mettez des mots sur eux. Qu’ils sont là depuis presque deux ans dans un recoin de votre mémoire, bien cachés enfouis sous des souvenirs ordinaires, prêt à mordre de toutes leurs dents de désolation et d’engourdissement. Ils sont comme des morceaux de métal, impénétrables et pointus et tranchants, si tranchants qu’on a peur de les évoquer parce qu’ils coupent encore… Et vous sanglotez et vous pleurez comme vous auriez voulu pleurer à ce moment là., et vous espérez que ce sera tout...

 

 Mais quand ils sont sortis à la lumière du jour, ces pauvres méchants souvenirs, ils refusent de se laisser enterrer à nouveau. Ils vous font le cœur lourd et l’ego fragile. Ils vous renvoient dans cet endroit haï, où il n’y a plus de sourire et pas de coup de fil aux amis parce que même avec de l’entraînement, on ne peut pas faire semblant d’aller bien quand ça ne va pas. Et en plus vous êtes sensé être sorti de cette p*** de dépression ! Reste la bonne vieille méthode de la fuite - lire jusqu’à l’abrutissement. Surtout rien de constructif comme corriger des copies, surtout rien de sain comme s’habiller et sortir de chez soi…

Pourtant même la fiction ne peut pas tout, ou alors j’ai appris une chose ou deux au bout du compte, comme des fois c’est utile de dire ce qu’on ressent. Ou de l’écrire. Et voilà comment je me retrouve, à Souvenir + 20 heures, à sangloter sur son clavier d’ordinateur. Parce que, peut-être, si maintenant je pleure assez les larmes qui sont restées bloquées, je vais retrouver un état qui se rapproche de la normalité… j’espère. 

Au fait, vous savez quoi? Finalement, ça va mieux. 

Vos commentaires

1 Le Samedi 21 Juin 2008 à 20:16 GMT+2, par Loonie

C'est chouette si ça va mieux alors.
Les souvenirs blessants que j'aime le moins, c'est ceux qui ne veulent pas se dévoiler. Une parole, un geste, les rappelle à nous, on sait que ce souvenir est là, et qu'il est douloureux, et on pleure, alors qu'on ne sait même pas de quoi parle ce souvenir. Mais c'est là, dedans, caché, et ça fait mal.

2 Le Samedi 21 Juin 2008 à 22:11 GMT+2, par isa

C'est très juste ce que tu dis. L'intérêt, en quelque sorte, de la psychothérapie c'est qu'on va chercher ces souvenirs pour les mettre à jour et essayer d'épuiser leur venin. Mais le processus est douloureux.

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