semi-journal

Renaissance

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Salaire médian, baisse du pouvoir d'achat et autres considérations

Hier j’ai entendu  dans « C’est dans l’air », des experts préciser que le salaire médian des Français serait estimé à 1400 euros nets par mois. L’INSEE dirait 2000, allez savoir pourquoi, et j’ai lu ailleurs 1100, l’an dernier, ce qui me paraissait bien peu.

Ce qui signifie qu’avec mes glorieux 1700 sans les heures sup’, je fais partie des privilégiés. Pas seulement grâce aux vacances scolaires, avantage aisément perceptible, mais mieux encore : je fais partie de la France riche. Ou du moins de la moitié des français recevant un salaire supérieur à 1400 euros par mois… On comprendra mon embarras et ma perplexité lorsque, deux heures plus tard, je dois expliquer à ma mère que j’attends de recevoir ma paye avant de prendre mon billet de train pour aller la voir, parce que là à l’instant t, je suis un peu trop juste.

 

A quelles dépenses inconsidérées me suis-je donc livrée pour en arriver là ? Mystère. Certes, ma psy me coûte l’équivalent d’un petit loyer, mais je n’ai pas de loyer justement, et plein de gens en ont un et s’en tirent. Et je préfère me prendre la tête dès que je regarde mon compte en banque, qu’être sous anti-dépresseurs (qui sont remboursés, d’ailleurs). Certes, je mange bio en général, mais le système du Campanier me fournit en fruits et légumes à un prix raisonnable. Je regarde le prix de la viande et du poisson et m’interdit ce qui dépasse les 15-18 euros le kg. Je fais plus d’efforts pour cuisiner au lieu d’acheter du tout-fait.

 

Que reste-t-il ? Les impôts locaux – j’avais pourtant anticipé le foncier et proclamé les restrictions dès le mois de septembre. Je crains le pire quand la taxe d’habitation sera passée. Mes lunettes, que je n’avais pas changées depuis 5 ans, pourtant choisies exprès pour ne pas payer beaucoup plus de 200 euros (merci le tiers-payant). Les super chaussures neuves dont tout le monde m’a fait compliment depuis que je les porte (60 euros chez eram), que j’adore bien que le talon soit un chouia plus grand que mon habitude… Je regretterai bien cet achat, si je n’avais pas ce problème avec plusieurs de mes autres paires, anciennes (de 1 à 6 ans, oui je garde et j'entretiens soigneusement les chaussures qui me servent tous les jours, alors même que j'ai une tendance naturelle à les bousiller en peu de temps), qui tendent depuis peu à générer des ampoules sous mes pieds. Et être bien dans des chaussures relativement élégantes, dans un métier où on passe près de 20 heures / semaine debout sous le regard d’adolescents, ça a tout de même son importance.

 

Non, je ne vois pas. Et même après avoir passé une heure et demi à retranscrire toutes les opérations du mois sur un nouveau site de gestion de comptes que je viens de dénicher, je ne vois toujours pas de gros chapitre de dépense à accuser. On va mettre ça sur le compte de la baisse du pouvoir d’achat et proclamer des restrictions plus sévères.

Mais ça me fait mal, personnellement, et je suis effarée en pensant à tous les gens qui vivent dans l’autre moitié. Celle qui est en-dessous du salaire médian. Et vous savez quoi? J'ai honte, Française riche que je suis, de me lamenter sur mon sort que plein d'autres seraient vraisemblablement heureux d'avoir.

Bienvenue, comme disais je ne sais plus quel chroniqueur à la radio, dans le monde moderne.

 

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Vacances, vacances...

Je n'ai tellement pas vu arriver celles là que j'ai du mal à me convaincre que ce n'est pas la peine de mettre mon réveil pour démarrer à 8h demain! D'autant que j'ai deux paquets et demi de copies à corriger et pas mal de boulot prévu. Mais il n'est pas trop tôt pour un petit bilan de mi-trimestre (comme pour les élèves!).

Je m'étais promis-juré de tout faire pour rendre mes copies dans les deux semaines (moins, je sais que je n'en suis pas capable; plus, comme ça m'est arrivé l'an passé, ça fait vraiment long). J'ai presque réussi, le délai max ayant été 16 jours (deux semaines + un week-end). Un + dans cette colonne.

J'ai décidé de me battre avec mes secondes pour qu'ils apprennent leur cours régulièrement, par le biais d'interros plus ou moins surprise : j'en ai fait deux dans une classe, trois dans l'autre... Ok, + dans cette colonne.

J'ai soigneusement établi des progressions pour avoir le bon rythme dès le départ et finir les programmes, et là faut bien avouer que c'est pas le pied. En terminale j'ai un peu de retard mais pas vraiment plus que l'an dernier, ça devrait rester gérable. en seconde je me suis un peu enlisée en géo (comme d'hab, d'ailleurs), il faut que j'anticipe vraiment sur les deux prochains chapitres pour rattraper. En européen, heureusement que je n'ai pas de programme en seconde ni en terminale, j'ai du mal à m'adapter à ma demi-heure en moins. Ouch pour les terminales euro, on avance peu et dans la douleur. Bon, un - , disons un petit avertissement dans cette colonne.

Voilà pour le travail maintenant la conduite... Bilan positif, j'ai pas craqué ni même songé à craquer, je me suis liée de sympathie avec différents nouveaux collègues, je participe à pas mal de projets dans l'établissement. Evidemment ça me prend du temps mais j'ai réussi à maintenir la piscine du lundi midi (où, d'ailleurs, je retrouve de plus en plus de collègues qui profitent comme moi des "trous" de leur emploi du temps), plus la sophro et la danse africaine, je n'ai jamais autant "bougé". Et plus, évidemment, la psychothérapie qui explique peut-être aussi pourquoi le reste marche bien. Donc c'est un grand +.

Physiquement.... ATTENTION la suite est extrêmement nombriliste et dépourvu du moindre intérêt autre que de l'autocritique/autosatisfaction féminine dans la plus pure tradition fille-futile-pense-à-son-physique. J'encourage les lecteurs à passer au prochain paragraphe si mon anatomie ne les intéresse pas, munis du +/- (peut mieux faire) que je m'accorde.        Non seulement je n'ai pas perdu de poids, mais j'en ai encore pris un peu. Je ne sais plus trop quoi accuser, donc pour changer je vais mettre ça sur le dos de mon emploi du temps à la con qui m'oblige à changer perpétuellement l'heure de mon repas de midi. M'enfin si j'ai toujours autant de graisse sur le ventre, je peux fièrement affirmer que j'ai acquis un peu de muscle aussi, et plutôt bien placé : +1cm de tour de poitrine ! Je n'y aurai pas cru si je ne l'avais pas mesuré moi-même ! Et elle est tellement bien accrochée que j'envisage même de me passer occasionellement de soutien-gorge (chose qui ne m'est pas arrivé depuis la puberté), c'est dire. 

Financièrement, c'est pas la gloire. Je n'ai pas l'impression de faire des excès, mais entre les impôts (revenus, avec un rattrapage puisque ma déclaration 2007 était largement supérieure à ce qui m'était prélevé), les autres impôts (fonciers - j'attends novembre pour la taxe d'habitation), la psy (deux séances/semaine, ça défile vite), les nouvelles lunettes (c'était devenu urgent), les inscriptions diverses, et la nouvelle paire de chaussures à laquelle je n'ai pas su résister (pourtant, 60 euros, ça paraît peu, comme ça...), je suis à sec. Et tout à l'heure au salon des vins et de la gastronomie je me suis laissée aller à acheter tout plein de bonnes choses, qui ma foi ont dû finir de vider la tirelire. Heureusement, la paye devrait tomber demain, et peut-être que les heures sup' y seront déjà (l'an dernier il avait fallu attendre novembre pour les voir apparaître, mais on peut toujours rêver).

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suite et fin de la journée...

Après-midi

13h05- chez la psy. Je pleure sur les souvenirs douloureux de mes 20 ans. Depuis la rentrée mes séances, comme mes pensées, ont été tellement parasitées par mes relations avec les élèves, ou par les inquiétudes générées par la réforme prochaine, que c’est la première fois que je dépoussière ces vieilles blessures depuis des mois.

13h20- Bon, on respire un grand coup, on se calme, et on démarre par rentrer à la maison. La journée est loin d’être finie.

13h45- devant mon ordinateur, chat sur les genoux. C’est bien ce qu’il me semblait, j’ai dans mes archives informatique l’énoncé parfait pour mon contrôle en seconde. Sauf que je ne sais plus où j’avait pris le texte. Heureusement que j’ai des manuels ici…

13h55- Laisse tomber, il n’est pas là, j’ai intérêt à tout refaire.

14h35- trajet. J’aime bien prendre le vélo pour aller travailler, en plus c’est écologique, mais qu’est que ça devient compliqué depuis qu’ils font des travaux dans le quartier !

14h45- salle des profs. Je m’énerve sur les photocopieuses qui, comme souvent à cette heure là, sont en panne de papier A4. Pas grave, il reste assez de A3, c’est juste un coup de massicot en plus… 

14h55- dans le couloir, photocopies encore chaudes sous le bras, j’attends que la collègue veuille bien libérer la salle. Finalement le devoir commencera en retard, mais pas de mon fait.

15h05- début du contrôle. Enfin, ça y est, les élèves sont installés, même si la séparation d’un duo particulièrement remuant implique que je partage le bureau avec l’un des membres. Oui, la salle est un peu petite pour 35 jeunes + moi. Les consignes sont répétées et apparemment comprises. Je vais pouvoir souffler un peu.

15h10- Ah, le bon vieux remplissage du cahier de texte ! C’est la première année que j’arrive à le tenir aussi bien. Avec mon emploi du temps gruyère, je vais vraisemblablement y arriver jusqu’au bout. A quoi ça tient tout de même…

15h15- Quand je pense que je comptais sur cette heure de surveillance du contrôle pour préparer le boulot pour demain et que j’ai oublié d’emmener le nécessaire… Heureusement que c’est demain les vacances ! (mais pas avant un nombre certain de trucs à régler).

16h- Oui, chers élèves, je comprends que le contrôle était long, qu’on a mis du temps à se mettre en place, et je sais que vous n’avez pas cours après puisque, ayant une réunion, je vous ai libérés. Néanmoins, maintenant que vous avez eu la récréation pour finir, j’ai besoin de récupérer vos copies pour, précisément, aller à cette réunion ! Qui est à 150m et deux étages d’ici, d’ailleurs.

16h10- Tiens, j’ai tort de me plaindre de ne pas avoir de matériel ad hoc au bâtiment d’histoire. Apparemment ici c’est le bon matériel, mais il ne marche pas souvent… Courons à la recherche de l’adaptateur miracle.

16h20- OK, serait-ce la version powerpoint de ce que j’ai déjà expliqué la dernière fois ?

16h55- Pourquoi, pourquoi les questions les plus intéressantes sont-elles soulevée après la réunion ? Parce qu’elles viennent des élèves et que comme les élèves me connaissent, ils préfèrent m’en parler de manière informelle ? Bon pour l’estime de soi, ça, mais faut que je note et que j’en tienne compte et que je fasse passer l’info… et j’ai l’autre réunion, celle des collègues d’histoire-géo, qui doit être en train de commencer. Juste un mot au chef, et puis je remonte mes étages.

17h15- réunion pédagogique histégéo. J’ai pas fait gaffe, mais on dirait bien que je viens de m’engager à préparer un des sujets du devoir commun de Noël. Bah, il y a les vacances…

17h25- Au moins, les profs d'histégéo sont efficaces ! J’ai laissé les autres sur la question du financement du projet, ils n’ont sûrement pas fini. Je peux y retourner, ce sera certainement intéressant. Allons ! les deux derniers étages de la journée.

18h20- Au travers du bla-bla, il y a quand même des trucs à faire qui devraient être utiles et assez facile à mettre en place, si on fait vite. Après tout j’ai une heure de surveillance de devoir, et une heure de trou demain, je peux m’y coller…

18h45- Ouf, enfin chez soi.... Après cette journée je mangerai bien du tout-fait. J'avais l'habitude de me faire livrer des repas japonais, par exemple, j'aime beaucoup. Mais ça revient cher, et j'ai intérêt à faire moi-même. Bon, j'ai le saumon dans le congel, les algues spéciales maki, et même tout ce qu'il faut pour la soupe. Reste plus qu'à faire cuire le riz, et c'est parti ! 

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Bilan d'une journée de cours... où je n'ai pas fait cours.

J’aurai peut-être dû, ça m’aurait moins fatiguée…

C'était jeudi, mais je n'ai tapé que le comte-rendu du matin. Suite demain si tout va bien.

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